samedi 27 décembre 2014

EN FINIR POUR RENAITRE

Ce texte met fin à la vie active de ce bloque que je voulais une occasion d'exprimer ma pensée sur différents thèmes en faisant le lien avec l'intelligence humaine. Est-ce que j'ai fait le tour du jardin? Je ne sais pas. Je constate que j'éprouve de plus en plus de difficultés a trouver des thèmes à traiter et, surtout, à les traiter intelligemment. Depuis septembre dernier, je m'étais imposé un rythme d'un texte hebdomadaire. La chose me semblait réaliste. Mais, voilà qu'au fil des semaines, j'éprouvais moins de plaisir à écrire. J'ai donc choisi de passer à autre chose et je mets fin à cet espace d'expression. Ceci étant dit, je remercie ceux qui m'ont lu.

J'écris d'abord pour élucider ma pensée, afin de me permettre de voir plus clair, de comprendre et de faire des liens. Si cela peut aider quelqu'un d'autre, tant mieux et c'est pourquoi j'utilise le blogue comme mode de diffusion.

J'ai encore des choses à dire. Mais quoi, sur quoi, me suis-je demandé. Puis, au fil des dernières semaines, un thème s'est imposé à moi. Ce thème c'est la NEUROPÉDAGOGIE. J'ai exploré le thème des intelligences multiples pendant des années et il m'a mené aux recherches en neurosciences. A force de lire sur le sujet, j'en suis venu à voir des confirmations, des informations, des idées voire de nouvelles perspectives pouvant s'appliquer à la pédagogie. C'est là que se situe la neuropédagogie. Je n'ai pas inventé ce terme, mais il résume bien l'idée de l'amalgame de la pratique pédagogique à la lumière de la recherche scientifique.

Je vous invite donc à visiter mon nouveau bloque qui a pour thème la neuropédagogie. Un texte de présentation est ligne depuis la mi-novembre à l'adresse suivante: http://neuropedagogie.wordpress.com 

A compter du 3 janvier 2015, et ce à chaque samedi, vous y trouverez un texte qui traite d'un thème pédagogique en lien avec des résultats de recherche en neurosciences. Je suis très stimulé par cet idée de partager ma passion de la pédagogie avec les personnes qui voudront bien me lire.

Je maintiendrai actif pendant quelques temps le présent blogue à des fins d'archives (autant pour moi que pour ceux qui pourraient y trouver de l'intérêt).

À bientôt

Jacques Belleau

samedi 20 décembre 2014

ESPERER OU SOUHAITER

Nous entrons dans le temps des fêtes. C'est pour les enfants et les adultes la saison de l'espoir. Les enfants espèrent recevoir certains présents témoins de l'affection que leur portent leurs parents, du moins c'est ce qu'ils croient. Les adultes, espèrent de l'affection aussi, des témoignages d'amour.

Espérer l'autre, nous faisons cela au quotidien. Nous espérons qu'on va penser à nous pour une promotion, pour une sortie, pour une offre spéciale, pour toutes sortes de chose ou de situation. C'est un peu comme si notre destin reposait sur l'action des autres.

On espère que notre conjoint demeurera près de nous malgré les écarts de conduite, les oublis ou les vicissitudes de la vie. On espère qu'on se ne fera pas intercepter par un policier lorsqu'on ne respecte pas le Code de la route. On espère gagner à la loterie pour changer notre vie. On espère qu'il fera beau pour la sortie prévue. On espère...

L'espoir fait partie de la vie, est source de vie. Cependant, il faut savoir espérer. Espérer que les autres ou des événements extérieurs vont changer notre vie, ce n'est pas espérer, c'est souhaiter. L'espoir repose sur des gestes concrets, sur un engagement, sur un investissement. L'espoir c'est une conséquence de nos croyances, de nos convictions qui poussent à vouloir modifier, infléchir le cours des choses. Souhaiter, c'est demander, quémander, exprimer un désir à l'intention d'un autre.

L'espoir c'est l'expression de soi, une manifestation de l'intelligence intrapersonnelle. Le souhait correspond à une manifestation de l'intelligence interpersonnelle. Il est facile de confondre l'un et l'autre. Si dans le premier cas, la réponse dépend de soi, dans le second cas, le résultat dépend des autres. La différence réside dans la prise en main de son destin ou de le laisser dans les mains des autres. La probabilité d'atteindre les objectifs est plus grande dans un cas que l'autre.

Il est intéressant de nous attarder à cette question qui n'est pas que sémantique. Bien nommer une chose aide à la circonscrire, à la comprendre. Il arrive fréquemment que l'on confonde l'espoir avec le souhait. Cela est vrai pour bien d'autres termes, qui font en sorte d'orienter notre compréhension des choses. Si vous êtes stressés vous n'êtes pas anxieux. Le stress est une réalité temporaire, l'anxiété est une maladie. Si vous êtes en état de stress permanent, vous avez tout intérêt à procéder à une introspection alors que si vous vivez un stress temporaire, vous avez à gérer votre environnement. L'action va différer.

En cette période de l'année, je partage avec vous l'espoir d'un monde meilleur et le souhait de moments de bonheur avec les personnes que vous aimez.

samedi 13 décembre 2014

BESOINS ET BESOINS (la suite)

(La semaine dernière,  j'ai débuté un texte dont vous trouverez la conclusion ici... En cette période d'achat, cette réflexion sur les besoins me paraît pertinente.)

Les groupes cibles du marketing sont les personnes qui ont moins de soixante ans. Pourquoi? Ce n'est pas parce que les soixantenaires n'ont plus de besoin, mais c'est que leur cerveau est moins influençable. Il est devenu plus sage. L'impulsivité de l'adolescence est une mine d'or pour les entreprises au même titre que le besoin d'appartenance et surtout d'estime des adultes.

Il y a donc besoins et besoins. Nos vrais besoins pourraient être satisfaits assez simplement, mais grâce au neuromarketing, on arrive a nous faire croire que nous avons, par exemple, besoin d'un ordinateur de table ou d'un ordinateur portable, d'une tablette numérique et d'un téléphone cellulaire. Évidemment, compte tenu de l'obsolescence programmée et de l'évolution des systèmes, vous serez confronté à la nécessité de changer ces équipements régulièrement. Ce sera plus fort que vous... parce que vous vivez à l'heure du neuromarketing.

Vous noterez que le marketing s'adressera aussi à vous en exploitant différentes dimensions. Les mots sont choisis avec soin afin de susciter le désir et l'adhésion, les images sont fortes et appuyées afin de soutenir le message, les émotions sont aussi sollicitées afin de susciter votre adhésion et, enfin, on vous lancera un défi logique sous la forme d'un dilemme (le prix qui est étudié non pas en terme de coût de revient, mais bien de valorisation; ce qui coute peu est perçu comme de moindres qualités). Le tout sera fait de manière à influencer votre cerveau. 

Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que le neuromarketing ne fait rien de bien différent des autres situations de notre vie. Au quotidien, à tous les instants, notre cerveau est bombardé d'informations qu'il traite en exploitant nos connaissances, nos acquis, nos compétences et prend la décision requise. Le neuromarketing organise et structure le "bombardement" de notre cerveau. C'est là que la chose devient dangereuse, car, il y a une manipulation de la prise de décision. On nous amène à avoir des besoins qui vont au-delà de nos véritables besoins. À la limite, il y a un danger, car la personne peut se trouver dans une forme de compulsion qui l'amène à s'endetter jusqu'à un point de rupture.


Vous aurez compris que nous avons besoin de toutes nos intelligences pour faire face à cet assaut. Vous aurez compris aussi que, malgré ce que l'on peut croire, notre libre arbitre, c'est-à-dire notre capacité à la prise de décision consciente et volontaire n'existe pas dans ces situations. Le neuromarketing exploite les automatismes du cerveau et la manière non consciente dont la prise de décision est faite avant qu'elle ne devienne consciente. Mais c'est là un autre sujet sur lequel je reviendrai un jour en me référant aux recherches portant sur ce sujet.

samedi 6 décembre 2014

BESOINS ET BESOINS (1er partie)

Avez-vous déjà entendu parler du neuromarketing? Probablement pas. Je vous invite a entrer ce terme dans un moteur de recherche et vous aurez la surprise de constater que près de 750 000 références vous seront proposées. Le neuromarketing c'est, en quelque sorte, l'exploitation des résultats des recherches en neurosciences afin de comprendre la prise de décision d'un consommateur. Comprendre comment le cerveau fonctionne c'est le sésame pour nous faire consommer.

D'entrée de jeu, un produit doit répondre à un besoin et notre cerveau est programmé pour répondre à nos besoins. Le neuromarketing permet d'arrimer les deux. La pyramide de Maslow, par exemple, identifie cinq niveaux de besoins: besoins physiologiques, besoins de sécurité, besoins d'appartenance, besoins d'estime, besoins de réalisation. Un niveau inférieur (par exemple les besoins physiologiques) doit être satisfait pour que la personne s'investisse dans le niveau suivant (par exemple les besoins de sécurité). L'achat de produits alimentaires peut viser différents niveaux de la pyramide. Les produits de base répondront aux besoins physiologiques, le marketing qui s'intéressera à la qualité des aliments visera le besoin de sécurité alors que les produits de niches toucheront le besoin d'appartenance. Les produits de haut de gamme seront liés aux besoins d'estime. Cette démonstration pourrait être faite pour tous les domaines de la consommation et nous aide à comprendre la multiplicité des marques de commerce et de l'offre de produits.

Vous conviendrez avec moi que jusque là, la chose n'est pas trop discutable. C'est du commerce. Le questionnement arrive lorsqu'on tente d'influencer notre besoin pour consommer. Prenons l'exemple du besoin d'appartenance, il nous amène à vouloir ressembler à un groupe de personnes avec qui nous partageons un style de vie. Ainsi, peu à peu, insidieusement, nous en arrivons à surconsommer. Nous achetons une maison plus grande que requise, nous nous procurons une seconde automobile, nous envoyons nos enfants à l'école privée, etc... Pourquoi? On a réussi à vous persuader que c'était une réponse à plus d'un besoin. Prenons l'achat d'une automobile. Le marketing vous parlera du confort (besoin physiologique), de la sécurité (coussin gonflable, caméra de recul, avertisseur de collision, etc.), de la popularité du modèle (besoin d'appartenance) ou du caractère spécifique ou du design de la marque (besoin d"estime). Vous aurez noté que la promotion s'attardera à des aspects marginaux, car rien ne ressemble plus à une automobile qu'une autre. À un second niveau, il sera question, par exemple lors de la décision d'achat d'un second véhicule, d'autres besoins; arriver à temps au service de garde après le travail, valeur écologique (niveau de consommation, véhicule hybride, voire électrique), liberté, etc... On enrobera le tout d'une proposition qui vous paraîtra correcte: un prix d'achat hebdomadaire par exemple. Que se passera-t-il dans votre cerveau? Plus il y aura de besoins identifiés, plus la probabilité sera grande que vous consommiez. Ce qui fera pencher la balance, c'est le prix immédiat. C'est le facteur déterminant. Votre cerveau n'est pas en mesure de faire le calcul du coût de revient sur l'ensemble des mensualités (par exemple durant 24 mois incluant les frais d'intérêts et les taxes), il perçoit que le prix est "raisonnable". Il est influencé par cela par la quête de réponses aux besoins qui génère des signaux chimiques dans le cerveau. Dès lors la décision d'achat est facile.


(suite samedi prochain...)


samedi 29 novembre 2014

INVENTER UNE VÉRITÉ

J'ai souvent l'impression que nos dirigeants manipulent l'information et inventent une vérité afin de justifier leurs positions ou leurs actions. Évidemment, en agissant ainsi, ils évitent de se trouver en situation dissonante, surtout s'ils prêtent foi à leur vérité. Ils se servent des médias qui deviennent complices de cette manipulation. Cette complicité est parfois voulue, car cohérente avec une ligne éditoriale ou parfois imposée afin de préserver un accès à l'information ou à des revenus. La vérité est celle énoncée par l'autorité et toute observation susceptible de détonner a peu de résonnance, car relayée par des moyens alternatifs ou, au mieux, loin des premières pages.

Prenons pour exemple les prétextes énoncés afin de justifier une intervention militaire en Irak en 2003. Aujourd'hui, il est reconnu que les gouvernements ont orchestré une campagne d'information visant à justifier leurs actions. Aujourd'hui, la Syrie utilise des armes chimiques (prétexte utilisé afin d'intervenir contre Sadam Hussein) mais aucune intervention directe n'est à l'ordre du jour. (Je m'étonne et m'interroge!) L'harmonie des politiques des différents états occidentaux est fascinante.

Ici au Canada, le gouvernement central n'hésite à revoir des pans de l'histoire canadienne en les interprétant afin de valoriser un sentiment d'appartenance unificateur. On pourrait aussi citer toute la campagne visant à valoriser l'exploitation des sables bitumineux ou le discours sur le droit de posséder des armes à feu.

Ce qui est dérangeant dans tout cela, c'est que les demies-vérité ou les vérités inventées sont rarement contredites ou dénoncées avec la même énergie dépensée à les dispenser. Dès lors, la nouvelle vérité demeure présente et finit par être crue ou perçue comme un fait. Ma grand-mère avait l'habitude de dire que si c'était écrit dans le journal c'est donc vrai. Nous nous comportons comme ma grand-mère et la situation d'hier est identique à celle d'aujourd'hui. Il suffit de se pencher sur les deux grands conflits mondiaux du vingtième siècle pour trouver moult exemples de cela. Ce n'est donc pas nouveau.

Ce qui est dérangeant c'est que nous sommes conscients de ces situations, mais que nous ne réagissons pas. Nous savons qu'on nous ment et nous n'y prêtons plus attention (car nous sommes désabusés) ou pire nous trouvons le discours est rassurant. Nous ne réagissons pas, car nous avons choisi ces dirigeants librement et que reconnaître la manipulation aurait pour effet de nous rendre inconfortables. Nous préférons ne pas y penser, ne pas réagir, être insensibles devant ce qui semble impossible à changer. Pourtant, ailleurs sur la planète, des peuples se révoltent contre leurs dictateurs qui mentent sans vergogne. Ici, sous couvert de démocratie, on réécrit les faits et cela ne semble pas nous déranger.

La vérité existe-t-elle? Qui la détient? Ces questions sont valides et j'accepte que la vérité soit sujette à une interprétation qui soit liée à mes valeurs, ma culture, ma formation ou mes besoins. Mais là où je m'insurge, c'est lorsque l'on manipule les faits qu'on m'impose une information erronée sous prétexte de la raison d'État. 


Vous aurez noté dans ce texte que j'ai utilisé plusieurs mots qui réfèrent au langage musical. Ils témoignent de mon inconfort. Cet inconfort est d'ordre émotif et il est lié à l'interprétation que mon cerveau fait de la parole. Il perçoit l'écart entre ce qu'il a enregistré et ce qui est énoncé ce qui provoque un besoin un besoin d'harmonie. Le cerveau fait alors un choix: modifier ce qu'il sait, inscrire l'information comme possible ou la nier. Les deux premiers choix sont de nature à apaiser alors que le dernier initie à réagir... d'ou ce blogue.

samedi 22 novembre 2014

L'AUTRE MOITIÉ DE SOI

On dit souvent de certains couples qu'ils sont fusionnels, qu'ils ne font qu'un, en quelque sorte. En parlant de leurs conjointes, certains hommes vont référer à leur "douce moitié". Je pourrais allonger la liste des exemples afin de témoigner de ces perceptions. 

Au plan légal ou social, il est certain que chacun des partenaires d'un couple doit être l'égal de l'autre, il ne saurait y avoir de différence. La difficulté des termes du paragraphe précédent c'est la perception de la négation de l'identité des membres du couple pour une nouvelle qui ne correspond à rien. 

Or, des recherches menées au fil des dernières années témoignent de l'existence de la communion de deux êtres. Le mot "communion" est intéressant. C'est l'union commune, un choix délibéré des partenaires de l'union. Dans les faits, chacun cède à l'autre une part de son autonomie en toute confiance et accepte sereinement la conséquence de cela. Cela s'exprime, par exemple, dans le partage des tâches. L'intérêt réside dans l'équilibre, la valorisation de l'autre, mais aussi dans un allégement des rôles et des responsabilités individuelles. La situation est "gagnant gagnant" tant que la communauté perdure. Lorsque la communauté éclate à la suite d'un décès ou d'un divorce, c'est là que l'on constate l'impact. Ainsi, à la suite d'un décès, le survivant est souvent en manque de connaissances sur les objets dont son partenaire s'occupait. Il est perdu, désorienté, voire inadapté.

Nous sommes ici dans la conjonction des intelligences interpersonnelle et intrapersonnelle. Ces deux dimensions de l'être humain régissent une bonne partie des rapports humains. La relation à l'autre implique qu'on lui fasse confiance (interpersonnel) et qu'on lui livre une partie de soi (intrapersonnel). C'est ce qui fait que l'autre devient apte à apporter des réponses appropriées aux besoins de son partenaire. 


La chose est aussi vraie, mais dans une perspective différente, lorsqu'il est question de partenaires d'affaire ou d'équipe de travail. Ces communautés ne peuvent fonctionner sans cette confiance et ce partage des rôles et des responsabilités. La différence est, bien évidemment, qu'il est rare que ces groupes durent aussi longtemps qu'un couple ce qui atténue les difficultés d'adaptation au moment de la rupture. 


samedi 15 novembre 2014

QUAND TOUT EST INTELLIGENT

Saviez-vous que la nomophobie peut vous frapper? Si la peur de perdre votre téléphone cellulaire vous hante, la nomophobie vous guette! En fait, ce qui inquiète dans la perte du téléphone portable c'est la perte de l'information qui est conservée, la perte d'une part de soi. Cette peur est atténuée, quelque peu par l'usage de l'infonuagique, mais il n'en demeure pas moins que cette peur hante. Elle hante aussi par le fait que l'information enregistrée est personnelle et qu'une autre personne pourra avoir accès à une part de soi, privée.

Ces appareils sont devenus une extension du cerveau des usagers, c'est sans doute pourquoi on les qualifie d'intelligents. On y consigne toutes sortes d'information personnelle ou professionnelle, des photographies, des coordonnées, des notes ou autres renseignements. Avant l'arrivée de ces appareils, une bonne part de ces données étaient enregistrées dans notre cerveau. Ces appareils sont devenues des mémoires externes qui, à la limite, vont nous survivre.

L'intelligence, c'est évidemment autre chose, notamment la capacité de résoudre des problèmes. Or, ces téléphones peuvent nous aider, en tant qu'outils, à trouver des réponses mais ils ne peuvent prendre des décisions, agir indépendamment. Il y a un abus de terme, marketing oblige. Cet abus génère une image positive de l'instrument, le rend plus attrayant.

Il est aussi frappant de constater que l'on accole ce qualificatif, intelligent, à de nombreux produits dits intelligents (par exemple: emballage intelligent, automobile et route intelligentes). Il existe même un concours désignant une ville intelligente. Toute chose nouvelle, semble devoir être intelligente.

A force d'abuser de ce terme, on va finir par perdre de vue son sens original, si ce n'est le vider de son sens. Par ailleurs, cela dévalue notre intelligence en la ramenant à des actions simplistes, automatiques. Ces manifestations sont la conséquence de l'exercice de l'intelligence d'un être humain, mais elles ne sont pas intelligentes.

Vos téléphones sont-ils aussi intelligents que vous? Si oui, je crois que vous avez des questions à vous poser...


samedi 8 novembre 2014

MATERNAGE et PATERNALISME

"Arrête de me materner", "Tu fais preuve de paternalisme". J'ai souvent entendu ces expressions dans mon quotidien professionnel. Elles expriment généralement un désaveu d'une situation, d'une décision, un abus. Pourtant, ce sont là des attitudes normales, propres à l'espèce humaine, les deux extrémités d'une même réalité celle de la régie des comportements.

Le "maternalisme" c'est intervenir dans un mode sensitif, l'accompagnement, la guidance. Chaque personne est différente, respectée. Nous nous retrouvons dans l'univers de l'interpersonnel, de la spécificité de la personne. Généralement, le problème se pose lorsque la personne ne peut plus agir avec autonomie. Il y a alors danger de déresponsabilisation. 

Le "paternalisme" c'est intervenir dans un mode utilitaire qui s'efforce de tout prévoir, de baliser. Ici, la généralisation est la reine. Ce qui convient à la majorité doit convenir à tous. Nous nous retrouvons dans l'univers de l'interpersonnel, de la communauté de personnes. Habituellement, les difficultés surgissent lorsque les cas d'espèce se posent. Ici, la personne est incitée à être responsable, mais son autonomie est balisée, sinon limitée. 

Dans les deux cas, tout est prévu, sauf l'imprévisible qui finit toujours par se produire. En fait, nous sommes confrontés au débat entre l'esprit et la lettre. L'esprit permet d'aller au-delà des mots, c'est le signifié, le sens général. La lettre, permets de générer un sens commun, c'est le signifiant, le sens spécifique. Le problème se pose toujours lorsque l'imprévisible survient et interroge autant l'esprit que la lettre. Peu importe ce que nous faisons, nous référons aux deux dimensions, le contexte et les faits, pour comprendre et interpréter une situation.

Les organisations sont marquées par les deux pôles. Le premier, le maternalisme est permissif, informel, culturel. Il oriente et balise l'action. Le second, le paternalisme, est normatif, formel et structurel. Il autorise et définit un cadre. Toute organisation doit intervenir dans chacun des modes.

Le problème se pose lorsqu’il y a déséquilibre ou perception d'un abus de maternalisme ou de paternalisme. La question de la perception est fondamentale. Il y a donc une marge d'interprétation qui dépend pour beaucoup des besoins de la personne, des ses attentes voire de ses valeurs. L'équilibre n'est donc pas simple à trouver et la chose se complexifie avec la taille des organisations.


Pour ma part, je crois qu'il importer de structurer et de baliser les choses tout en laissant aux personnes un espace d'autonomie et de responsabilité. La chose n'est pas simple et est toujours perfectible. C'est un travail qui s'inscrit dans la durée.

samedi 1 novembre 2014

LE RYTHME DE NOTRE QUOTIDIEN

La musique adoucit les moeurs. Ce vieux dicton est toujours vrai, mais nous ne nous en rendons pas toujours compte. Pourquoi met-on de la musique dans un ascenseur? Avez-vous pris conscience du fond sonore musical qui vous accompagne dans un centre commercial ou certain restaurant? La réponse est simple, la musique est là pour influencer votre comportement. Votre cerveau réagit au rythme, il se synchronise à l'émotion qui est proposée par la musique. Le rythme utilisé dans un ascenseur ou un lieu public vise l'apaisement ou veut inciter à consommer. Imaginez que l'on vous propose une musique très rythmée, votre cerveau l'interprétera comme telle et vous hâterez le pas au lieu de vous attardez devant les vitrines.

Le rythme est utilisé depuis longtemps pour agir sur le comportement. Par exemple, l'utilisation d'un tempo donné fait en sorte de susciter la synchronisation d'un groupe de personne. Si vous fréquentez un gymnase ou participez à un cours de conditionnement physique, vous noterez que la musique utilisée est très dynamique et que le volume sonore est plus élevé que celui d'un ascenseur (sourdine). L'effet recherché est de vous amener à vous ajuster au tempo ce qui favorise la mise en forme.

Il n'y a pas que la musique qui influence notre comportement. Le bruit ambiant influence notre action. Le seuil de fatigue des travailleurs en usine est plus important que celui de la personne qui travaille seule dans un bureau fermé. L'explication n'est pas liée à la pénibilité du travail, mais bien à l'environnement sonore.

Le cerveau réagit au rythme et à la fréquence des sons. Les signaux sonore d'un véhicule d'urgence ou  le sifflet d'un train génèrent une réaction différente du clapotement de l'eau ou du chant d'un oiseau. Les pleurs d'un enfant ou le fracas d'un accident feront réagir diffèremment du jappement d'un chien ou des bruits associés à des travaux de construction. Pourtant, ce sont des signaux de même nature.Les signaux ont un sens qui est interprété par notre cerveau.

Notre milieu de travail impose aussi un rythme. Vous avez sans doute entendu une personne qui change d'emploi justifier sa décision par le désir de changer de rythme. Certains milieux de travail (ex. une salle d'urgence dans un hôpital) imposent un tempo différent de celui d'une autre unité (ex. soins de convalescence). Un milieu est rythmé par le service à rendre.

Le rythme même de notre vie nous affecte. Si vous avez des enfants et de multiples activités en sus d'une vie professionnelle exigeante, ce rythme effréné vous affectera plus que celui qu'une personne sans enfant ou retraité.

L'intelligence musicale est très présente dans notre vie. Elle nous régit à notre insu... le saviez-vous?

samedi 25 octobre 2014

DÉSENSIBILISATION

Je m'étonne souvent de constater que nous sommes spectateurs du malheur des autres et que la chose nous laisse indifférents. Dans les bulletins d'information télévisée ou sur le web, on nous propose des images d'agressions ou d'accidents enregistrées à l'aide de téléphones numériques. Les personnes captent les images, elles sont spectatrices, elles n'interviennent pas. Peut-on expliquer cela?

Ma première réaction est la colère, pourquoi photographier ou filmer au lieu d'intervenir? Est-ce une réaction associée à la possibilité de vendre les images? Il faut se rendre à l'évidence, intervenir demande du courage et ce n'est pas donné à tout le monde d'accepter de s'engager dans l'action. En filmant, la personne prend un risque, celui du témoin et j'y vois alors un aspect positif. Si le seul appât du gain est le déterminant du geste, là ma colère est se justifie.

Ma colère apaisée, je m'interroge ensuite sur mon absence de réaction. Suis-je blasé? Pourquoi est-ce ces images ne suscitent en moi qu'une émotion passagère de tristesse ou de compassion? Les neurosciences nous apportent la réponse... ma réaction est normale et liée au fonctionnement de mon cerveau.

Notre cerveau dispose d'un réseau neuronal qui nous permet de décoder les autres. C'est ainsi que nous nous ajustons à notre environnement. Si l'autre personne manifeste dans son expression faciale une émotion, par exemple de la peur, notre cerveau l'enregistrera et nous incitera à la prudence. Cette fonction du cerveau est inconsciente et nous aide à nous évaluer et à réagir à notre environnement. Évidemment, lorsqu'il s'agit d'images notre cerveau décode la chose autrement. Si nous étions en présence de l'action, notre cerveau orienterait notre réaction: fuite, implication directe, implication indirecte, etc.

Le réseau des neurones miroirs explique aussi pourquoi nous ne réagissons pas aux situations qui nous sont présentées, pourquoi elles nous laissent indifférentes. En fait, à force de voir et de revoir des situations semblables, notre cerveau se désensibilise. Il agit ainsi parce que nous n'avons pas réagi à la situation conformément au patron proposé par le cerveau. Notre inaction ou notre indifférence reprogramme notre cerveau.

Cette stratégie cérébrale est aussi utilisée en apprentissage. En effet, la désensibilisation fait en sorte qu'au lieu de réagir à l'émotion que reflète la personne, nous passons en mode automatique. Cela signifie que dans le processus d'apprentissage, à force d'être confronté à une situation et à réagir différemment, notre cerveau est programmé d'une nouvelle manière. Lorsqu'un professeur fait faire des exercices à ses étudiants, il vise à automatiser la réaction. L'automatisation est une programmation du cerveau au regard d'une situation donnée. La réflexion est instantanée, inconsciente. Cette programmation est fort utile dans bien des occupations. Ainsi, dans les professions médicales, les automatismes sont nécessaires afin de poser les gestes requis dans les situations d'urgence.

La désensibilisation fait donc en sorte de modifier notre perception des choses ce qui affecte notre comportement.


samedi 18 octobre 2014

CONSTRUIRE SA LÉGENDE

L'image que l'on a de soi et celle que les autres ont de nous est très différente. Chacun construit sa légende personnelle qui le sert en société et chacun garde pour lui-même certains éléments qu'il juge trop intime, trop personnel, inexprimable ou incompatible avec la légende qu'il propose.

Le mot légende a plusieurs sens. Il peut s'agir d'un récit, mais aussi d'indications permettant de décoder une image, une carte ou un graphique. L'intégration de ces deux perspectives est intéressante en nous permettant de comprendre que chaque personne est le résultat de ce qu'elle dit d'elle-même et de l'image qu'elle projette.

Construire sa légende c'est d'abord se définir, c'est se connaître assez pour identifier ce que l'on diffusera, voire embellira (légende oblige). Par exemple, compte tenu de certaines perceptions, il arrive régulièrement que les personnes gaies mettent du temps à affirmer leur homosexualité (on dit sortir du placard). Ils se construisent une légende et une identité qui ne tient pas compte de cela. L'intérêt de la légende, c'est qu'avec le temps on y croit. Cette situation est la résultante du regard des autres et de l'effort de conformité à la légende. L'adaptation peut avoir des effets positifs ou négatifs lorsque la personne se dévalue.

La conformité sociale est une autre dimension de la légende. Nous nous ajustons à notre milieu et à ses attentes. Ainsi, personnellement, j'ai une forte tendance naturelle à l'interpersonnelle, mais professionnellement je m'ajuste en exploitant les outils de l'interpersonnel. Je n'hésite pas à afficher ma dyslexie afin d'affirmer les efforts que je dois faire. Ma légende est la somme de ces éléments qui parlent de moi. Ma légende est un élément de la démonstration de ma conformité ce qui facilite mon adaptation à un milieu ou à une fonction de travail, donc à mon intégration.

La légende aide à construire l'estime de soi. Pour cela, le regard des autres (parents et amis) est important. En nous renvoyant des images positives de nous-mêmes, par la valorisation de certaines dimensions et la mise en veilleuse de nos petits travers, ces personnes nous aident à construire notre légende. La chose est fondamentale.

La légende c'est une image cohérente et congruente de soi. Une image que la tenue vestimentaire contribue à affirmer. Un financier portera le complet/cravate alors que l'homme d'affaires innovant optera pour une image plus rebelle (jeans, col roulé comme Steve Jobs).

Lorsqu'on entre en lien pour la première fois avec une personne, c'est la légende que notre cerveau évalue. C'est-à-dire que notre cerveau oriente son jugement à partir de ce qu'il sait (le récit) et des perceptions (l'image) qu'il a de la personne et ce jugement se fait très rapidement. Le cerveau agit ainsi afin de nous protéger (il évalue un danger potentiel, nous invite à faire confiance, etc.). Nous décodons des légendes tous les jours, mais prenons-nous le temps de regarder au-delà de la légende?

samedi 11 octobre 2014

CHAQUE CHOSE À SA PLACE

Ma mère me rappelait souvent de ranger les choses à leur place afin qu'on puisse les retrouver. En agissant ainsi, elle me permettait de développer l'une des dimensions de l'intelligence naturaliste. En répétant la consigne et en validant mon geste, elle me permettait d'intégrer l'apprentissage dans mon cerveau et, ultimement, d'utiliser ce savoir dans un autre contexte.

Lorsqu'on s'attarde à la question du rangement et du classement, force nous est de constater que nous sommes dans la conjonction des intelligences interpersonnelle, interpersonnelle et naturaliste. Lorsqu'il est question des objets qui nous sont propres, nous développons un mode d'organisation qui nous appartient. La structure hiérarchique de ce classement peut (c'est souvent le cas) différer de celle d'une autre personne. Un premier pourra ranger les outils selon leur niveau d'utilité, un second selon la nature, un troisième selon la taille, un autre selon l'espace disponible, etc. Chacun s'y retrouvera, car  le choix qui a été fait est représentatif de sa personne. Cela signifie aussi qu'un autre individu pourra avoir de la difficulté à s'y reconnaître, car il n'a pas la clé du système.

Lorsqu'il s'agit d'objets ou de documents que nous devons partager avec une ou plusieurs personnes, nous devons convenir d'un principe accepté par chacun. Cela facilite le travail jusqu'à ce qu'un objet ou un document ne soit pas rangé là ou il devrait. La chose est perdue et c'est d'autant plus vrai que le nombre d'éléments est important. La connaissance de la clé du système facilite le rangement et le repérage. C'est pourquoi, dans une famille, il y a des conventions pour que l'on puisse retrouver, par exemple, les ustensiles de cuisine, les produits de nettoyage, les livres ou les souvenirs.

Dans notre société axée sur le numérique et au sein de laquelle le nombre d'éléments d'information se multiplie, la nécessité d'une action commune de gestion est déterminante. Par exemple, l'auteur de ce texte a identifié des étiquettes qui donnent des repères à qui veut faire une recherche dans l'ensemble du blogue. C'est un système de base. Il est transposé par chacun d'entre nous dans l'espace numérique qu'est l'informatique. Bon nombre d'entre nous rangeons nos documents sur notre ordinateur selon des rubriques qui nous sont propres. Si la chose se défend dans le contexte personnel, elle est plus délicate au plan professionnel. Que se passe-t-il si la personne s'absente de son poste ou quitte son emploi? Poser la question c'est y répondre, le successeur aura de la difficulté à s'y retrouver et son efficacité sera affectée. Il pourrait même devoir reprendre certains travaux.

Dans une organisation il est important de trouver un mode de conciliation du besoin de chacun de personnaliser son environnement de travail avec les obligations collectives surtout lorsqu'il est question des objets ou des documents propres à l'organisation. La chose n'est pas simple à appliquer, car elle est perçue comme la négation de l'identité au profit de celle de l'institution. Cependant, elle est nécessaire a une organisation moderne.

samedi 4 octobre 2014

ËTRE RECONNU, UN BESOIN

Le quatrième palier de la pyramide des besoins de Maslow a trait au besoin d'être reconnu. Il s'exprime lorsque les besoins relatifs à la vie matérielle, à la sécurité et à l'appartenance sont satisfaits. C'est donc un besoin supérieur. Occuper un emploi sur une base régulière permet, généralement, de satisfaire aux trois premiers niveaux de la pyramide d'ou le besoin de reconnaissance qui est une réalité spécifique aux entreprises.

Être reconnu, c'est d'abord être connu, ne pas être un anonyme au sein de l'organisation. Cela tient évidemment de l'appartenance (niveau de la pyramide précédent) mais c'est aussi être considéré et respecté. Un travailleur, quelque soit son niveau de formation, d'expérience ou d'expertise dispose d'un savoir spécifique propre à sa fonction et, à ce titre, la reconnaissance minimale est de le consulter  avant de prendre une décision relative aux opérations. Consulter est une étape de la collecte de données propre à une prise de décision. Cela n'implique pas que le résultat de la consultation doive primer, mais il doit faire partie de l'équation.

La reconnaissance vient des autres. Elle permet de consolider l'estime de soi et le sentiment d'efficacité personnelle. À défaut de cela, la personne doute. Les petits gestes des collègues sont tout aussi importants que ceux du supérieur immédiat ou de l'organisation. La forme diffère, mais toutes sont nécessaires. Si les gestes des collègues sont spontanés, ceux du patron réfléchis, ceux de l'organisation reposent sur des principes d'équité qui sont connus et acceptés.

La reconnaissance c'est aussi la valorisation de la compétence. Une organisation qui recrute systématiquement ses ressources à l'externe au lieu de permettre la promotion de son personnel a un problème de reconnaissance. Elle laisse entendre aux employés qu'ils sont incompétents ce qui génère des problèmes en lien avec l'appartenance ce qui représente une régression pour la personne concernée.

La reconnaissance peut provenir de l'extérieur. Lorsqu'elle est liée à la vie professionnelle, l'organisation a tout intérêt à renforcer cela. À défaut de le faire, il y a un doute qui s'installe dans l'esprit de la personne concernée.

La reconnaissance est proportionnelle aux réalisations. Un prix décerné par un groupe indépendant obtenu pour l'ensemble d'une carrière ou une production substantielle (une publication par exemple) devrait être traité différemment eu égard à l'engagement et au rayonnement qu'une réalisation soulignée à l'interne. La reconnaissance devrait alors être une célébration.

La reconnaissance est liée à l'exemplarité. L'objectif poursuivi en soulignant certains accomplissements est de mettre de l'avant, les actions et les comportements souhaités ou liés aux valeurs de l'organisation.

Il ne faut pas que la reconnaissance soit une obligation, mais un élément de la culture.

La question de la reconnaissance témoigne du lien entre les intelligences interpersonnelle et interpersonnelle. L'influence de l'une sur l'autre est évidente. Une personne reconnue dans son milieu sera plus motivée à agir et à s'investir.

samedi 27 septembre 2014

PARTAGER SA PENSÉE OU DIRE QUOI PENSER?

Je n'écoute que très peu les médias offrant des lignes ouvertes ou proposant des commentaires d'actualités. C'est d'abord une question d'intérêt, le ton est souvent agressif, le manque de profondeur de la réflexion m'afflige ou la mise en scène (par exemple l'obligation du conflit d'opinion) me porte à croire que nous sommes plus dans le spectacle que dans l'information. Alors, j'évite. Pourtant, je suis régulièrement en contact avec ce type d'émission qu'on m'impose que ce soit dans une salle d'attente, dans une file d'attente, dans le bus ou ailleurs. Je suis frappé par le dénigrement de l'opinion des autres, du manque de respect, des étiquettes abusives, des généralisations qui sont faites.

J'en suis venue à me demander si cette mise en scène n'avait pour conséquence d'imposer une pensée plutôt que d'amener les auditeurs à réfléchir et à se faire une opinion. Cette forme de manipulation est insidieuse, elle repose sur le besoin de chaque personne de se trouver dans une position confortable dans la société afin d'éviter la marginalisation ou l'exclusion. Une idée martelée tous les jours durant plusieurs heures finit par susciter l'adhésion de la personne qui écoute surtout si d'autres membres de la communauté appuient ou confirment l'opinion émise. Dans ce cadre, on invente des leaders d'opinion à qui les médias autorisent bien des écarts quitte à les laisser tomber le cas échéant. Cela induit une pression sociale autant sur l'animateur que sur l'auditeur.

L'humain est un être fondamentalement social. Cela implique qu'il soit en équilibre avec son milieu, qu'il ajuste ses comportements et sa pensée avec celle des personnes qu'il côtoie. Cela explique les mobilisations, les solidarités. Nous sommes dans l'univers de l'intelligence interpersonnelle.

La nécessité économique de rentabilité dans laquelle les médias baignent génère inévitablement des contraintes imposées (informellement, sans doute) par les commandites. Ces dernières sont sensibles à l'opinion publique et nous entrons dans une spirale qui finit par valoriser le spectacle au lieu de l'information. Les médias publics voient leurs ressources se réduire. Faut-il y voir une intention des gouvernements de limiter l'expression de la variété des opinions au profit d'une pensée imposée?

A terme, il y a de moins en moins de place pour les opinions qui ne correspondent pas à ce qui est valorisé. Le dénigrement marginalise ceux qui émettent ces opinions et il y danger d'exclusion sociale. Il n'y a plus de dialogue. La conséquence ou le danger, c'est l'abâtardissement, la paresse intellectuelle, l'incapacité de débattre au profit de la confrontation et du déni d'opinion.

L'espace pour des idées qui dérangent est de moins en moins important, surtout que nous sommes portés à défendre une cause qui nous fait perdre de vue l'ensemble de l'équilibre qui régit notre société. C'est un sujet sur lequel je reviendrai.