L'école dont il sera question ici n'est pas l'établissement, le lieu de formation, mais l'institution, l'organisation sociale mise en place afin de former les personnes, de les éduquer.
Depuis quelques années, l'équipe de multintelligents.info s'intéresse à l'intelligence à partir du cadre des intelligences multiples développé par Howard Gardner au milieu des années '80. La transposition de ce modèle au monde de l'éducation a permis de constater que le système scolaire privilégiait certaines intelligences (linguistique et logico-mathémathématique), en effleurait quelques autres (kinesthésique, musicale et visuo-spatiale) et en ignorait plusieurs autres (intrapersonnel, interpersonnel, naturaliste). Ces choix témoignent d'une vision dépassée de l'intelligence humaine et correspond à une conception utilitaire de l'école. Cette dernière est là pour former non pas des citoyens (si c'était le cas toutes les dimensions seraient couvertes) mais des travailleurs ce qui explique les choix qui sont faits avec les conséquences que cela peut entraîner.
Le fait de négliger certaines intelligences génère de l'inadaptation scolaire parmi les jeunes dont la structure du cerveau ne correspond pas au modèle requis. Convenons que l'école est tournée vers la rationalité, ce qui n'est pas un mauvais choix, mais qu'elle ignore tout le volet émotif de l'être humain. Nous devons travailler en équipe, mais on ne nous l'enseigne pas, nous vivons en société sans avoir appris à décoder nos émotions, celles des autres et surtout avoir appris à cohabiter dans un univers d'émotions et de perceptions. Commet s'étonner de voir la fracture sociale entre les riches et les pauvres quant la norme de jugement est purement quantitative, celle des avoirs matériels.
Lorsqu'on s'attarde à la réussite scolaire, on constate que le facteur premier de réussite n'est pas lié à une capacité exacerbée (ex. la "bosse" des mathématiques), mais bel et bien dans une dimension personnelle (la motivation, l'engagement personnel), interpersonnelle (capacité à décoder les autres et à interagir) et naturaliste (la méthode, l'organisation). Or, ce sont là les intelligences que l'école oublie. Faut-il se surprendre? Ces intelligences n'ont pas de valeur économique et l'ignorance en ces domaines sert bien les nantis.
Le programme scolaire est le témoin d'une conception erronée, voire passéiste, de l'intelligence humaine. L'évolution de notre connaissance du cerveau et de son fonctionnement nous ouvre un horizon de travail que l'école aurait intérêt à explorer afin d'être au service de la formation de la personne. L'intelligence humaine est une capacité multiple et s'il est difficile d'imaginer que l'ensemble des aspects multiples de cette capacité puissent être développé, il est tout de même nécessaire d'alphabétiser les jeunes dans chacune des dimensions.
Changer l'école, demeure un défi, voire une utopie. L'école est fondamentalement un lieu de création et, paradoxalement, un rempart du conservatisme de notre société, ce qui la fragilise. L'école d'aujourd'hui est tellement mal définie qu'elle est devenue pour les jeunes un lieu de passage obligée au lieu d'être désirée pour ce qu'elle apporte. Un passage obligé afin d'obtenir une reconnaissance témoignant d'une certaine capacité d'adaptation à un modèle. L'école est devenue un déversoir de l'incapacité des parents à éduquer leurs enfants.
Il faut cependant convenir qu'à défaut de mieux, malgré l'institution, il n'en demeure pas moins que des jeunes réussissent à acquérir une formation équilibrée grâce à des éducateurs qui sont de véritables guides.
Ce blogue est un complément du site multintelligents.info. Il traite de différents sujets liés à l'intelligence humaine et à ses manifestations au quotidien. L'auteur des textes est Jacques Belleau.
dimanche 20 novembre 2011
NOUS SOMMES TOUS IMMIGRANTS
L'adaptation des immigrants est sujet de débat dans notre société comme dans plusieurs autres. La difficulté réside souvent dans le fait que le nouvel arrivant cherche à transposer sa culture dans sa terre d'accueil ou il juge notre culture à la lumière de la sienne. Évidemment cela génère de l'insatisfaction, des récriminations, entraîne des tensions. L'intrapersonnel (les attentes et les besoins) se heurte à l'interpersonnel (la tradition, la culture).
Cette réalité est notre lot à tous et nous ne nous en rendons pas compte. Bien des "boomers" sont des immigrants dans la société numérique colonisée par la génération C. Ils ont l'attitude des immigrants, ils critiquent, jugent sans vraiment prendre le temps de s'adapter ou de comprendre. Lorsqu'une personne change de milieu professionnel elle est immigrante au sein d'une nouvelle culture. L'adaptation peut être simple si elle se fond dans la culture, mais elle peut aussi agir en immigrante. Changer de ville et de région requiert aussi une adaptation. À une moindre échelle. c'est une situation d'immigration. Quitter Québec pour la Gaspésie et vice versa c'est devoir faire le deuil d'éléments d'une culture dans laquelle la personne a baigné.
L'immigrant peut avoir deux réflexes, celui de se fondre dans la masse. Ces personnes, on ne les voit pas, elles sont là, actives. Elles apportent à la culture ambiante des éléments qui la font évoluer petit à petit. L'autre attitude c'est de revendiquer des accommodements, de se "ghettoiser", de se replier sur soi en dénigrant la culture d'accueil. Ces immigrants reçoivent beaucoup d'attention et finissent pas culpabiliser le groupe d'accueil.
Il est plus facile de juger que d'agir. Aucune culture n'est parfaite. Elle est le fruit d'une évolution que seule la connaissance historique permet de comprendre. Or, au sein de notre société notre conscience historique se perd, est récupérée, est manipulée pour faire "évoluer" notre culture. Les demies-vérités deviennent des faits et, peu à peu, la signification de certains choix est questionnée. Le Gouvernement conservateur canadien illustre bien la chose. Il veut justifier certains de ces choix, les rendent acceptables. Son travail actuel porte sur l'histoire, la valorisation. Il magnifie certains événements et ignore les autres, il accorde de l'attention à un groupe de pression et isole les autres. Peu à peu l'adhésion se fait.
Être immigrant par choix impose une attitude, immigrer par nécessité détermine une attitude.
Cette réalité est notre lot à tous et nous ne nous en rendons pas compte. Bien des "boomers" sont des immigrants dans la société numérique colonisée par la génération C. Ils ont l'attitude des immigrants, ils critiquent, jugent sans vraiment prendre le temps de s'adapter ou de comprendre. Lorsqu'une personne change de milieu professionnel elle est immigrante au sein d'une nouvelle culture. L'adaptation peut être simple si elle se fond dans la culture, mais elle peut aussi agir en immigrante. Changer de ville et de région requiert aussi une adaptation. À une moindre échelle. c'est une situation d'immigration. Quitter Québec pour la Gaspésie et vice versa c'est devoir faire le deuil d'éléments d'une culture dans laquelle la personne a baigné.
L'immigrant peut avoir deux réflexes, celui de se fondre dans la masse. Ces personnes, on ne les voit pas, elles sont là, actives. Elles apportent à la culture ambiante des éléments qui la font évoluer petit à petit. L'autre attitude c'est de revendiquer des accommodements, de se "ghettoiser", de se replier sur soi en dénigrant la culture d'accueil. Ces immigrants reçoivent beaucoup d'attention et finissent pas culpabiliser le groupe d'accueil.
Il est plus facile de juger que d'agir. Aucune culture n'est parfaite. Elle est le fruit d'une évolution que seule la connaissance historique permet de comprendre. Or, au sein de notre société notre conscience historique se perd, est récupérée, est manipulée pour faire "évoluer" notre culture. Les demies-vérités deviennent des faits et, peu à peu, la signification de certains choix est questionnée. Le Gouvernement conservateur canadien illustre bien la chose. Il veut justifier certains de ces choix, les rendent acceptables. Son travail actuel porte sur l'histoire, la valorisation. Il magnifie certains événements et ignore les autres, il accorde de l'attention à un groupe de pression et isole les autres. Peu à peu l'adhésion se fait.
Être immigrant par choix impose une attitude, immigrer par nécessité détermine une attitude.
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samedi 19 novembre 2011
VÉGÉTATION ETAGÉE
Le souvenir des détails est flou, c'était au début de mon secondaire en classe de géographie, le professeur demande aux élèves "qu'est-ce qu'on entend par végétation étagée? » Je me vois encore fier d'avoir une réponse à fournir. Je suis le seul, ou le plus rapide, à lever la main. il me pointe du doigt. "La végétation étagée c'est quand une plante pousse par dessus une autre, par exemple dans un tronc d'arbre." Je n'ai pas souvenir des mots du professeur, mais j'ai un bon souvenir du sentiment de honte que j'ai éprouvé. La végétation étagée c'est plutôt un concept qui réfère au mode de régénération d'une forêt. Ma réponse n'était pas idiote, j'avais vu très souvent des plantes prenant racine dans un tronc d'arbre mort, mais ce n'était pas la bonne réponse, celle attendue. (Notons au passage la nature du souvenir qui est ici marqué par l'émotion.)
J'avais déjà à l'époque une faible estime de moi, ça n'a pas arrangé les choses. En fait, mon parcours scolaire est marqué de ce genre de situation ou l'on me donnait à croire que j'étais au mieux un cancre sinon un idiot.
Admis en première année à cinq ans, j'ai traîné avec moi ce boulet qu'est une année de maturité de moins que mes camarades de classe. L'école est vite devenue un lieu de supplice. Trop jeune, peu intéressé, peu appliqué, empoté, tout concourrait à faire de mon parcours scolaire une course à obstacles. Évidemment, les professeurs sanctionnaient mes comportements par des retenues, des copies, des devoirs supplémentaires voire des humiliations. Autant de choses qui m'aidaient à détester l'école.
J'ai été chanceux d'avoir des parents qui ont cru en moi. Peu fortunés, ils se sont sans doute privés de plusieurs de leurs rêves pour m'offrir une chance de réussite. Chaque soir pendant une bonne partie de mon primaire, j'allais faire mes devoirs sous la supervision d'une enseignante retraitée. Cela m'aidait à passer, mais tout juste.
Je suis passé à travers mon primaire, j'y ai appris à me conformer à l'image que l'on avait de moi. Arrivé au secondaire, les choses n'ont guère changé. J'ignorais alors que j'étais affligé d'une difficulté d'apprentissage, la dyslexie. Il faut dire qu'à l'époque c'était une réalité dont mes professeurs ignoraient tout et, s'ils l'avaient su, je me serais sans doute retrouvé sur une voie de garage du système scolaire, condamné à apprendre un métier que je n'aurais pas aimé. Je lisais beaucoup, j'aimais écrire... c'était plein de fautes, mais c'était ma passion. Même cela, on a trouvé moyen de me faire comprendre que ce n'était pas ma place, que je ne serais pas écrivain (aujourd'hui je suis heureux de leur prouver qu'ils ont eu tort). Je me souviens d'une pièce de théâtre que j'avais écrite pour une activité de pastorale scolaire. J'étais fier... c'était probablement naïf, mais combien de jeunes de 15 ou 16 ans osent se commettre? La réaction fut un rejet sur la forme, trop de fautes, ça ne vaut rien, etc... La déception que j'ai connue alors est encore vive. Je me revois sur le chemin du retour à la maison en train de déchirer les pages de mon manuscrit tout en pleurant de rage.
J'ai été ce genre d'élève qui donne raison à ses professeurs. On me croyait cancre et j'agissais comme tel. J'ai obtenu mon diplôme d'études secondaire de peine et misère. À chaque année, j'attendais le bulletin de juin avec appréhension... est-ce que j'allais passer?
J'ai fini par être admis au cégep, puis je suis allé à l'université. Faute d'autre chose, j'avais appris la persévérance. J'avais appris que je pouvais réussir malgré mes professeurs et leur perception. Je me percevais comme un intellectuel et je le suis devenu.
En fait, je dirais que j'ai subi l'école. J'y ai eu quelques bons professeurs qui furent des lumières sur ma route. J'y ai eu de nombreux professeurs qui n'étaient pas à leur place, ne sachant pas accompagner un élève ayant des besoins particuliers. À leur défense, je dirais qu'à l'époque, les écoles étaient pleines et les élèves une denrée bien moins précieuse qu'aujourd'hui, on se souciait peu de la réussite. On formait, on éduquait, on forgeait le caractère.
Ce qui m'afflige le plus aujourd'hui c'est de constater que les choses n'ont pas tellement changé. Ce soir j'entendais dans un bulletin de nouvelles français que l'on songeait, afin d'accompagner l'élève dans son parcours, à établir un bilan des aptitudes scolaires, et ce dès l'âge de 5 ans. Que va-t-il se passer? Le diagnostic sera conforté par la réalité, l'enfant et le professeur agiront en conformité. C'est navrant.
Un être humain est complexe, il est différent de son voisin, il est fragile et fort à la fois. Fragile si on le décourage, fort si on l'appuie. J'entends encore dire que des profs entrent en classe en disant, candidement et sans doute pour inviter les élèves à s'engager, que leur cours sera difficile, qu'il y aura des échecs (certains vont jusqu'à avancer un chiffre), etc. Ce genre de phrase est rassurant pour les meilleurs et fatal pour les élèves qui doutent d'eux-mêmes.
En apprentissage, on néglige beaucoup l'aspect affectif. Le cognitif, le savoir, prime alors que le contexte de l'enseignement et la perception que l'élève peut avoir de sa réussite joue un rôle déterminant. Le contexte, c'est d'abord le professeur qui par son attitude peut amener l'élève a percevoir sa capacité à réussir le cours.Il y a aussi et les autres élèves. Un jeune qui n'arrive pas à trouver sa place dans un groupe est sujet à l'échec. Le rapport à la matière, lire ici la perception subjective que l'élève entretient au regard de celle-ci (avoir la bosse des maths, le français c'est pour les filles, etc...), joue aussi un rôle déterminant dans la réussite.
Aujourd'hui je constate que c'est à cause de mes parents, de la foi qu'ils ont eu en moi que je suis passé au travers. Je doute toujours de mes capacités malgré de nombreuses réussites dont je suis fier. J'ai toujours peur d'affronter de nouveaux défis par peur d'échouer, mais paradoxalement c'est cette peur qui me pousse en avant parce que j'essaie toujours de me prouver que je n'ai pas raison de craindre l'échec.
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RESEAUX D'APPRENTISSAGE
Rares sont les personnes qui apprennent seules, en autodidaxie. En fait, le développement des différents savoirs se fait généralement par le biais de liens plus ou moins étroits avec d'autres personnes. Souvent par imitation et observation, d'autres fois dans un cadre plus formel, l'apprentissage est le fruit de rapports humains.
Avant l'ère numérique, le réseau dépendait de l'espace (la distance) que pouvait couvrir une personne. Les ressources disponibles au village ou à la ville représentaient les limites à l'accès au savoir d'une personne. L'évolution des moyens de transport puis des moyens de communication a facilité la dispersion du savoir et la constitution de réseaux d'apprentissage et, partant, facilité l'évolution de la connaissance. Alors que franchir l'atlantique pouvait prendre plusieurs semaines il y a trois cents ans, aujourd'hui, la même distance est couverte en sept ou huit heures. Il est possible de parler avec une autre personne se trouvant à des milliers de kilomètres sans difficulté. Cela n'est pas neutre et ouvre l'horizon de la connaissance.
Au plan du développement de l'intelligence (potentiel biopsychologique), cette perspective est importante. En effet, les facteurs d'éveil se trouvent multipliés et démultipliés.Les ressources numériques et la facilité de communication ouvrent de nouvelles avenues. Tout comme avant, la personne doit cependant faire preuve de sens critique et gérer son accès au savoir.
Les réseaux d'apprentissage autrefois limités à un cercle restreint de personnes connues, voire reconnues, sont aujourd'hui plus complexes et s'ouvrent à des inconnus qui ont autant d'importance que les personnes plus proches. On conviendra que cela peut engendrer des problématiques, car on fait confiance sans vraiment être assuré de la crédibilité du porteur d'information.
Aujourd'hui, la notion de réseau éclate et se structure. Les communautés de pratique (ex. une association professionnelle) côtoient les communautés de production (ex. Wikipédia) ou les communautés d'apprentissage initiées par des enseignants ou autres. Les réseaux facilitent l'apprentissage en le rendant plus disponible. C'est là un avantage clair. Pourtant, cette large accessibilité a aussi un effet pervers, car il devient difficile de gérer ce savoir, de l'intégrer, de le maîtriser. Il importe donc de se méfier du "surfing" et de la maîtrise superficielle que cela peut engendrer.
L'école, autrefois le principal vecteur de la transmission du savoir et principal moteur des réseaux d'apprentissage, est aujourd'hui interpellée. Elle est invitée à vivre une profonde mutation afin de préserver son rôle d'éducation. À défaut de s'adapter, d'évoluer, elle risque de se trouve dépassée. Son apport aux réseaux numériques doit s'accroître. Au lieu de nier l'impact et l'importance des réseaux sociaux, elle doit au contraire s'y inscrire et en tirer parti afin de préserver sa mission de formation de citoyens.
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CREER POUR SURVIVRE
Les cinq premières années d'une entreprise sont habituellement les plus difficiles. Celles qui franchissent ce cap sont habituellement vouées à un bel avenir. Que se passe-t-il au cours de ces premières années?
En fait, ces premières années sont celles de la création et c'est pourquoi elles sont si cruciales. L'idée d'origine du projet se concrétise, elle s'élabore, se développe pour devenir un bien ou un service. Cette construction est le résultat du travail créatif de plusieurs personnes. L'une développe un marché, une seconde fait la mise au point pendant qu'une autre travaille à assurer les approvisionnements. Tous sont en création. Peu à peu, les choses se placent, la croissance est au rendez-vous (ou le contraire et l'entreprise périclitent). L'entreprise atteint sa vitesse de croisière, son marché est mature. Les possibilités de croissance sont nulles à moins que l'entreprise n'entre dans un nouveau cycle d'innovation.
L'innovation stimule et fait en sorte que l'organisation est toujours en apprentissage, mais aussi en action. Créer c'est risquer de se tromper, d'échouer, mais c'est aussi apprendre et apprendre permet de créer. Les entreprises doivent faciliter la création. Cela n'est évidemment pas simple et c'est là que l'esprit rationnel (c'est une dépense) vient s'opposer à l'esprit créatif (c'est un investissement). Il faut bien avouer que certaines idées ne méritent pas qu'on s'y arrête et encore faut-il l'avoir examiné un peu. En effet, le génie repose souvent sur la capacité de voir les choses sous un nouvel angle. Par exemple, vaut-il la peine de s'interroger sur les boutons. Certains ont deux trous, d'autres quatre... pourquoi pas trois ou cinq voire plus? Quel serait l'avantage, le bénéfice?
Certaines entreprises vont croître en absorbant l'innovation des autres. Cette stratégie peut être intéressante dans la mesure où l'on conserve intacte la capacité d'innover. Dans le cas contraire, la croissance sera limitée. Il n'y aura pas de véritable effet sur l'organisation qui n'apprendra pas. Elle disposera de "connaissances" qu'elle ne transformera pas en "compétences". L'investissement sera alors une dépense.
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PEUR DE RÉUSSIR
La peur habite l'humain, elle est là tapie dans un coin du cerveau. La peur peut découler d'un événement traumatisant, elle peut être le fruit d'un enseignement, elle peut aussi être la résultante des limites que nous nous imposons.
La première peur, celle issue du véçu, de l'expérience, est vraie, réelle. Certains ont peur de l'eau, d'autres des hauteur, des foules, des lieux restreints et ont des réactions physiques. La seconde est transmise par des parents, des amis. C'est un construit qui repose sur du vague. La peur des loups, la peur des serpents, la peur des araignées sont de ce type. Il est vrai que certains serpents sont dangereux tout comme certaines araignées... or, au Québec on en rencontre fort peu. Pourtant la peur est là. Reste les peurs que nous nous imposons, la peur de réussir, de s'engager, de créer voire d'aimer. Ces peurs là sont plus pernicieuses car elle ne concerne que la personne, elle ne s'exprime pas clairement, sont rarement conscientes.
La peur est liée au cerveau droit, celui que certains nomment le cerveau reptilien, le cerveau primitif, instinctif. Ces étiquettes témoignent de la nature de notre hémisphère droit qui gère nos émotions. Comme les deux hémisphères communiquent, il est certain que lorsque la situation va se présenter, le cerveau gauche, le rationnel, trouvera un motif pour éviter l'action ou faire échouer. C'est simple. La peur n'étant pas consciente, il faut bien que le cerveau trouve une explication, une justification. La peur de réussir est rarement consciente. Si elle l'était, le cerveau gauche ne laisserait pas cette peur agir.
La peur peut être maîtrisée, apprivoisée car c'est là le secret. L'irrationnel, la source de la peur, est contrée par des faits et l'expérience personnelle. Cela est vrai pour les peurs construites et les peurs cachées. Les peurs issues des traumatismes (guerre, viol, accident, etc...) sont liées à des plaies encore vives et la guérison est plus complexe.
On dit parfois que la peur est salutaire mais il faut aussi se rappeler qu'elle est mauvaise conseillère.
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COMPRENDRE LES CONFLITS
Lorsqu'on s'attarde aux rapports humains, les conflits attirent plus l'attention que les situations qui vont bien. Le bonheur ne fait que très rarement la une des quotidiens contrairement aux conflits et aux drames qui en résultent. Les connaissances dont nous disposons sur le cerveau humain, nous aident à comprendre ces conflits et, partant à tenter d'y apporter une réponse. Citons quelques exemples.
Au sein d'une organisation, on note une opposition grandissante entre l'équipe de gestion et un groupe d'employés. Les gestionnaires défendent leur imputabilité, leur droit de gérance et font valoir leurs rôles et leurs responsabilités pour expliquer certaines décisions, positions et orientations. De l'autre coté, l'équipe syndicale prend appui sur la culture de l'organisation, ses valeurs, son rôle et sa connaissance de l'appareil de production de même que son contrat de travail pour revendiquer. Après un certain temps, le conflit devient ouvert. Les syndiqués optent pour des moyens légaux, bloquent ou ralentissent la prise de décision susceptible de générer une adaptation nécessaire aux réalités du marché. Les gestionnaires constatent la dysfonction, recherchent des compromis et finissent par vouloir agir en dehors du personnel. A terme, le conflit se personnalise et un antagonisme s'installe entre deux personnes, chacune jouant un rôle clé.
En fait, nous nous retrouvons ici dans une situation qui oppose le cerveau droit et le cerveau gauche. Le droit est celui avec lequel les syndiqués traitent le réel. C'est donc l'émotion, l'empathie et le qualititatif qui prédominent. Le cerveau gauche, celui de l'équipe de gestion, est rationnel, systématique et quantitatif. Les deux hémisphères de l'organisation se trouvent en conflit et le cerveau est paralysé. La solution passe par une prise de conscience de cette réalité d'opposition et de ce qu'elle implique. Il importe de reconnaître que chaque partie, hémisphère, détient une partie de la solution. Une personne externe devra intervenir pour assurer une forme de thérapie. Il jouera le rôle du corps calleux, celui qui nuance, facilité la communication. Il ramènera la cohérence.
Il en est souvent de même dans les rapports hommes femmes. L'un est plus rationnel alors que l'autre est plus émotif. L'un veut des solutions, l'autre veut être entendu. L'ignorance des besoins de l'autre est source de tensions qui s'accumulent au point de générer une rupture. En fait un couple, c'est, en quelque sorte, la réunion d'un hémisphère droit et d'un hémisphère gauche.
L'analogie qui est faite ici mérite d'être approfondie, car il faut aussi prendre en compte d'autres dimensions pour saisir la nature même des difficultés. Pour ce faire, on s'attardera aux différentes dimensions (les huit intelligences) pour bien saisir les nuances et les attentes.
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